Famille Plantin

Pierre Plantin et Nicolle Vincenot, une famille du XVIIe siècle

1 Pierre Plantin et Nicolle Vincenot

Pierre Plantin

Naissance
1639
Mariage
1665, avec Nicolle Vincenot

Le couple a neuf enfants connus, nés entre 1668 et 1686 — un rythme de naissances presque annuel typique des familles de l'Ancien Régime, où l'on constate aussi une mortalité infantile élevée : trois des neuf enfants (Louyse, Ponce et Nicolas) sont décédés la même année que leur naissance, et un quatrième (le second Pierre) meurt à 28 ans.

Enfants de Pierre Plantin et Nicolle Vincenot

Prénom Naissance Décès
Louyse Plantin 1668 1668 (même année)
Pierre Plantin 1671 1712 (41 ans)
Jean Plantin 1673
Margueritte Plantin 1674 1754 (80 ans)
Ponce Plantin 1678 1678 (même année)
Nicolas Plantin 1679 1679 (même année)
Nicolle Plantin 1681
Guillaume Plantin 1683
Pierre Plantin 1686 1714 (28 ans)

Deux fils prénommés Pierre : comme c'était fréquent à l'époque, un second fils reçoit en 1686 le prénom Pierre — celui de son père — après la naissance d'un premier Pierre en 1671 (qui, lui, survivra jusqu'à 41 ans, en 1712). Il ne s'agit pas ici du cas classique où un enfant reprend le prénom d'un aîné décédé en bas âge, puisque le premier Pierre (1671-1712) était encore vivant en 1686 ; les deux frères portent donc le même prénom simultanément, une pratique moins courante mais attestée, notamment pour honorer le père ou un parrain.

Margueritte Plantin (1674-1754) est celle qui a vécu le plus longtemps parmi la fratrie, atteignant 80 ans — un âge exceptionnel pour le XVIIe-XVIIIe siècle.

2 Origine et signification des patronymes

Plantin est un toponyme évoquant une plantation : selon le glossaire de Godefroy, il désignait souvent des buissons de bois taillis plantés en bordure de fossés pour en soutenir les crêtes. Une autre interprétation en fait un surnom de cultivateur ou de pépiniériste, dérivé du mot « plant » (endroit planté de vignes). Le nom, aujourd'hui porté par plus de 43 000 personnes recensées sur Geneanet, est probablement apparu indépendamment à plusieurs endroits en France ; il est aujourd'hui le plus fréquent dans les départements de la Haute-Loire et du Nord, ce qui suggère plusieurs souches distinctes plutôt qu'une origine unique.

Vincenot est un diminutif du prénom Vincent, formé selon un procédé courant (ajout du suffixe -ot) typique des régions de Bourgogne, Franche-Comté et Champagne, où ce type de diminutif patronymique est particulièrement répandu.

Un homonyme célèbre sans lien connu : le nom Plantin est aussi celui de Christophe Plantin (v. 1520-1589), imprimeur et éditeur d'origine française devenu l'une des plus grandes figures de l'histoire de l'imprimerie à Anvers (la Plantin Press, aujourd'hui musée classé au patrimoine mondial de l'UNESCO). Rien dans les sources consultées ne permet de rattacher notre Pierre Plantin (né en 1639, soit un demi-siècle après la mort de Christophe Plantin) à cette famille d'imprimeurs anversois ; il s'agit vraisemblablement d'un simple homonyme, le patronyme étant, comme indiqué plus haut, apparu à plusieurs endroits distincts.
Alliance

Le mariage avec Jean Baptiste Duchastel

Le couple se marie le 16 février 1692 à Reims, Saint-Étienne. Marguerite Plantin, née le 22 avril 1674, était visiblement plus jeune que son mari. En l'épousant, Jean-Baptiste n'acquiert pas seulement une femme : il achète en quelque sorte son « droit de cité » spirituel et commercial, obtenant par elle l'accès aux cercles de confiance des marchands rémois — indispensables pour trouver crédits, fournisseurs et débouchés sur les marchés locaux.

Le clan Plantin, famille respectée dans l'artisanat textile d'élite à Reims, transmet à la fratrie Duchastel le sens des affaires et une éducation chrétienne stricte. C'est le soutien des frères et cousins Plantin qui permettra d'éviter la ruine après la mort prématurée de Jean-Baptiste.

Après la mort de Jean-Baptiste en 1702, Marguerite ne se remarie pas. Elle survit à son mari pendant plus de cinquante ans et s'éteint à Reims le 8 juillet 1754, après avoir vu ses enfants et petits-enfants s'élever dans la société rémoise. Documents généalogiques — Société généalogique canadienne-française
1702

Le crash de 1702 et la solidarité du clan Plantin

Le destin de cette alliance bascule le 12 mai 1702. Marguerite Plantin se retrouve veuve, avec de très jeunes enfants sur les bras — dont Jacques, né en 1700, et Jean-Baptiste, le futur connétable, né en 1696. À cette époque, le veuvage précoce pouvait mener une famille marchande à la ruine complète si les créanciers réclamaient l'argent des marchandises.

Marguerite refuse de se remarier et gère d'une main de fer le patrimoine laissé par son mari pendant plus de cinquante ans, jusqu'à sa mort en 1754. Elle y parvient grâce au soutien du clan Plantin — ses frères, oncles et cousins — qui l'aident à maintenir à flot le commerce familial et à éduquer les enfants.

Sous l'Ancien Régime, la coutume voulait que la famille maternelle se réunisse en « conseil de famille » devant le lieutenant de justice de Reims : les oncles Plantin sont alors nommés tuteurs ou subrogés tuteurs des mineurs, veillant à ce que les droits des enfants Duchastel soient respectés face aux créanciers, et signant les contrats d'apprentissage des garçons à l'adolescence.

Le choix des parrains. Pour les premiers enfants, Jean-Baptiste et Marguerite choisissent systématiquement des marchands-drapiers plus âgés et mieux établis : devenir parrain d'un enfant Duchastel scellait un pacte de confiance commerciale entre les deux familles. Pour la génération suivante apparaissent des signatures de prêtres et de chanoines, ouvrant la voie ecclésiastique à Pierre le Jeune.
Neuf enfants

La descendance et l'ascension sociale

Malgré une union courte, le couple a neuf enfants, dont trois fils se démarquent particulièrement dans les archives rémoises.

Fils aînéJean-Baptiste Duchastel (1696–1763)

Né le 11 avril 1696 à Reims, Saint-Étienne; décédé le 29 janvier 1763 à Reims, Saint-Timothée (à l'âge de 66 ans). Marié le 28 février 1718, Reims, Saint-Étienne, avec Barbe Miteau (3 juillet 1697 – 5 décembre 1772). Devient un notable important en tant que Connétable de la Milice Bourgeoise de Reims — une charge honorifique de la garde urbaine bourgeoise, très recherchée pour ses exemptions fiscales.

Second filsPierre Duchastel (1697–1753)

Né le 1er avril 1697, Reims, Saint-Étienne; décédé le 24 septembre 1753 à Châlons-sur-Marne (à l'âge de 56 ans). Marié le 23 janvier 1720, Reims, Saint-Étienne, avec Antoinette Miteau (née vers 1699, décédée le 8 mai 1758). Entre dans les ordres et devient chanoine de la cathédrale Saint-Étienne de Châlons-sur-Marne, où il est inhumé dans la nef le 24 septembre 1753 — privilège d'élite réservé au haut clergé. Les dalles funéraires de la nef furent martelées lors des profanations révolutionnaires de 1793, effaçant sa tombe physique, bien que l'acte capitulaire en confirme l'emplacement initial.

Troisième filsJacques Duchastel (1700–1740)

Né le 17 octobre 1700, Reims, Saint-Étienne; décédé le 28 novembre 1740 à Reims, Saint-Étienne (à l'âge de 40 ans), marchand et fabricant de textile et de vin. Marié le 10 février 1722, Reims, Saint-Étienne, avec Marie-Jeanne Miteau (14 janvier 1703 – 19 février 1751, inhumée le 21 février 1751). C'est l'ancêtre direct qui permettra plus tard à son propre fils, Jean-Baptiste Duchastel de Montflambert, de devenir secrétaire du Roi et baron de Montflambert. Sa notice complète ›

Les six autres enfants du couple :

Pierre Duchastel, né le 1er décembre 1692 à Reims, Saint-Étienne, décédé le 3 novembre 1745 (à l'âge de 52 ans), marchand, fabricant, maître sergier.
Jeanne Duchastel, née le 3 octobre 1693, décédée le 13 juillet 1736 (à l'âge de 42 ans).
Marie Duchastel, née le 24 janvier 1695, décédée peut-être le 8 février 1695 (à l'âge d'environ 15 jours).
Guillaume Duchastel, né le 25 mai 1698.
Marie Duchastel, née le 21 septembre 1699 (seconde fille du même prénom).
Noël Duchastel, né le 6 septembre 1701.