Pierre Vincenot et Marie Thierion, une famille du XVIIe siècle
La famille Vincenot rejoint la famille Plantin par le mariage de Nicolle Vincenot, deuxième enfant connue de Pierre Vincenot et Marie Thierion, avec Pierre Plantin en 1665. Elle avait alors 21 ans ; son père était encore vivant (il mourra en 1684) et a vraisemblablement assisté à l'union.
Pierre Vincenot atteint l'âge de 76 ans, une longévité remarquable pour le XVIIe siècle, où l'espérance de vie à la naissance dépassait rarement la trentaine — même si, une fois l'enfance passée, il n'était pas si rare d'atteindre soixante ou soixante-dix ans. Il aura vu naître ses petits-enfants Plantin, dont au moins les six premiers (de 1668 à 1683), avant sa mort en 1684.
| Prénom | Naissance | Décès | Note |
|---|---|---|---|
| Marie Vincenot | 1639 | — | — |
| Nicolle Vincenot | 1644 | 1701 (57 ans) | épouse Pierre Plantin en 1665 |
| Pierre Vincenot | 1647 | — | — |
| Pierre Vincenot | 1650 | — | — |
| Nicolas Vincenot | — | — | date de naissance inconnue |
Deux fils prénommés Pierre : comme chez les Plantin à la génération suivante, deux fils portent ici le prénom du père — l'un né en 1647, l'autre en 1650. Faute de date de décès pour l'aîné, on ne peut trancher entre les deux explications possibles : soit le premier Pierre est mort en bas âge et son prénom a été « repris » par le suivant, usage extrêmement courant sous l'Ancien Régime, soit les deux frères ont vécu simultanément avec le même prénom. Les registres paroissiaux, s'ils sont conservés, permettraient de trancher.
On notera aussi la récurrence des prénoms Pierre, Nicolle et Nicolas d'une génération à l'autre : Nicolle Vincenot transmettra ces deux derniers prénoms à ses propres enfants Plantin (Nicolas, né en 1679, et Nicolle, née en 1681), selon la logique traditionnelle de transmission des prénoms des grands-parents et parrains-marraines.
Vincenot est une forme familière du prénom Vincent, formée par l'ajout du suffixe diminutif -ot. Le prénom lui-même vient du latin Vincentius, un ancien surnom signifiant « vainqueur », popularisé par un martyr espagnol du IIIe siècle puis par un moine de l'abbaye de Lérins au Ve siècle. Le nom reste peu répandu : un peu plus de 1 000 naissances recensées en France entre 1890 et 1990, réparties sur 65 départements. Ce type de diminutif en -ot est caractéristique de la Bourgogne, de la Franche-Comté et de la Champagne.
Thierion est, de la même façon, un dérivé du prénom Thierry — un prénom très répandu au Moyen Âge. Les familles portant ce nom sont principalement recensées dans les Vosges, la Marne, la Meuse et la Meurthe-et-Moselle.