Origines & Statut
Fiche d'Identité de la Lignée Vincent
Souche la plus ancienne identifiée : Vincent Onnhatetaionk, époux de Françoise Andaechen
Territoire Historique : Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette (Loretteville), Wendake
Alliances Majeures : Petit-Étienne, Martin, Picard, Groslouis, Montagnais
Note historique : Les Vincent comptent parmi les familles les plus en vue de Jeune-Lorette au XIXe siècle : un grand chef diplomate, un premier bachelier autochtone au Canada, des combattants de la guerre de 1812, un peintre autoportraitiste et un prêtre.
Généalogie Ascendante et Descendante
Aperçu des générations directes entourant Nicolas Vincent Tsawenhohi.Épouse : Françoise Andaechen
Statut : fiche Geneanet sans numéro Sosa, signe d'une branche collatérale plutôt que d'un ancêtre en ligne directe ; dates et enfants non renseignés dans les sources consultées.
Père : Louis Vincent, dit Sawantanan — premier autochtone bachelier au Canada, diplômé du Dartmouth College en 1781
Mère : Louise Martin, dite Thodatowan
Naissance : 11 avril 1769, Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette
Premier mariage : 24 novembre 1794, à Lorette, avec Véronique Petit-Étienne
Second mariage : 22 janvier 1821, avec Madeleine, Malécite, veuve de Pierre-Jacques Thomas
Fonctions : chef de guerre en 1803, grand chef de la nation à partir de 1810
Décès : 31 octobre 1844, à 75 ans, Jeune-Lorette
1. Véronique : 15 oct. 1795 – 4 déc. 1797.
2. Élisabeth : 17 mars 1798 – 14 nov. 1810.
3. Marie-Reine : 16 fév. 1800 – 31 mai 1803.
4. Pélagie : 23 avr. – 14 juil. 1802.
5. Damase : 24 juil. 1803 – 25 sept. 1838, marié avec Éléonore Picard.
6. Anastasie : 17 avr. 1806 – 14 nov. 1817.
7. Christine : 14 juin 1812 – 1er oct. 1903, mariée avec François Groslouis puis Michel Montagnais.
Joseph et Stanislas Vincent : frères de Nicolas, combattants de la guerre de 1812-1814 aux côtés des Voltigeurs de Québec.
Gabriel Vincent, dit Wawandaronhé (†1829) : chef, traditionaliste, défenseur de la langue et de la culture wendates.
Zacharie Vincent (1815-1886) : fils de Gabriel, neveu de Nicolas ; peintre autoportraitiste, l'un des premiers artistes autochtones reconnus au Québec.
Prosper Vincent (1842-1915) : neveu de Zacharie, premier Huron-Wendat ordonné prêtre.
Marguerite Vincent, dite Lawinonkié (v.1783-1865) : artisane d'origine mohawk, épouse de Paul Picard — voir la Notice Picard.
Schéma Linéaire
Arbre Généalogique de Nicolas Vincent Tsawenhohi
Sources
Notice Documentaire
Données issues de l'arbre Geneanet de Philippe Sébastien, de la base de données généalogique du Québec Nos Origines et du Dictionnaire biographique du Canada, complétées par des travaux historiques sur la nation huronne-wendate de Wendake.
Nicolas Vincent Tsawenhohi, grand chef diplomate
La fiche Geneanet de **Vincent Onnhatetaionk**, marié à Françoise Andaechen, constitue la plus ancienne mention du nom retrouvée dans l'arbre de Philippe Sébastien — mais son absence de numéro Sosa suggère une branche collatérale plutôt qu'un ancêtre en ligne directe du grand chef présenté ci-dessous.
Né le 11 avril 1769 à Jeune-Lorette, **Ignace-Nicolas Vincent** est le fils de **Louis Vincent, dit Sawantanan**, premier autochtone bachelier au Canada (diplômé du Dartmouth College en 1781), et de **Louise Martin, dite Thodatowan**. Nommé chef de guerre en 1803 puis grand chef en 1810, il choisit pour armes la diplomatie et l'art oratoire pour défendre les droits de sa nation, appauvrie et fragilisée : il estime lui-même que Lorette ne compte plus que trente à trente-cinq familles, tout au plus cent quarante personnes.
La restitution de la seigneurie de Sillery — concédée aux Hurons en 1651, puis transférée aux Jésuites par Louis XIV en 1702 sans les en aviser — devient le combat de sa vie. Le 2 février 1819, il témoigne devant la Chambre d'assemblée du Bas-Canada, opposant à l'écrit colonial la force de la tradition orale : « Nous ne réclamons que nos terres et le moyen d'élever nos enfants. » Faute de résultat, une délégation menée par Tsawenhohi s'embarque le 15 novembre 1824 pour l'Angleterre ; reçue par le roi George IV au château de Windsor en avril 1825, elle obtient des médailles d'or et des promesses qui ne se concrétiseront jamais.
Nicolas Vincent meurt le 31 octobre 1844 à Jeune-Lorette. En 2001, le ministère du Patrimoine canadien le désigne personnage d'importance historique nationale. Son nom de chef, **Tsawenhohi** (« celui qui voit clair »), n'est pas un patronyme mais une charge transmise — une charge qu'il fut le dernier à porter.
Sa famille reste marquante bien après lui : ses frères Joseph et Stanislas combattent lors de la guerre de 1812 ; son neveu **Zacharie Vincent** devient l'un des premiers peintres autochtones reconnus au Québec ; et le petit-neveu de celui-ci, l'abbé **Prosper Vincent**, est le premier Huron-Wendat ordonné prêtre. Sa fille **Christine**, née en 1812, traverse le siècle et meurt en 1903 — elle épouse François Groslouis puis Michel Montagnais, tandis que son frère **Damase** épouse Éléonore Picard, alliant les Vincent aux Picard de Wendake.
Sources
- Geneanet — arbre de Philippe Sébastien, fiche Vincent Onnhatetaionk (conjointe Françoise Andaechen).
- Nos Origines — fiche de Nicolas Vincent (pid=1789730).
- Georges E. Sioui, « Vincent, Nicolas », Dictionnaire biographique du Canada, vol. VII.
- Wikipédia (fr) — Nicolas Vincent.
- Michel Lavoie, C'est ma seigneurie que je réclame : la lutte des Hurons de Lorette pour la seigneurie de Sillery, 1650-1900, Montréal, Boréal, 562 p.
- Alain Beaulieu, Stéphanie Béreau et Jean Tanguay, Les Wendats du Québec : territoire, économie et identité, 1650-1930, Québec, Éditions GID, 338 p.
- Louise Vigneault, Zacharie Vincent : sa vie et son œuvre, Institut de l'art canadien.
- Registres d'état civil de la paroisse Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette / Loretteville.